Loi ELAN n°2018-1021 — Articles 25-12 à 25-18

Contrat de bail mobilité — 1 à 10 mois

Le bail mobilité est une location meublée de courte durée créée par la loi ELAN de 2018. Sans dépôt de garantie, non renouvelable, destiné aux personnes en mobilité professionnelle, en formation ou en stage. Durée de 1 à 10 mois.

⏱️

1 à 10 mois

Durée flexible

🚫

0 €

Dépôt de garantie

🔒

Non renouvelable

Fin de plein droit

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Situations éligibles au bail mobilité

🎓

Études supérieures

Licence, Master, Doctorat, Grande école...

📋

Formation professionnelle

CPF, plan de formation, reconversion...

🤝

Contrat d'apprentissage

Alternance en CFA ou école en apprentissage

💼

Stage

Convention de stage obligatoire à fournir

🌍

Service civique

Mission agréée par l'Agence du Service Civique

🏢

Mutation professionnelle

Mobilité interne ou externe d'un salarié

Mission temporaire

Détachement, intérim de longue durée...

🔬

Autres mobilités

Toute situation justifiant un logement temporaire

Le bail mobilité : une innovation de la loi ELAN 2018

Créé par la loi n°2018-1021 du 23 novembre 2018 portant Évolution du Logement, de l'Aménagement et du Numérique (ELAN), le bail mobilité est codifié aux articles 25-12 à 25-18 de la loi du 6 juillet 1989. Il répond à un besoin croissant de logements flexibles pour les personnes en situation de mobilité temporaire.

Avant la loi ELAN, les bailleurs hésitaient à louer leur logement pour de courtes durées : les baux meublés classiques imposaient un minimum d'un an, ce qui ne correspondait pas aux besoins des stagiaires, alternants ou salariés en mission. Le bail mobilité comble ce vide juridique en offrant une durée modulable de 1 à 10 mois, tout en sécurisant la relation locative.

Les caractéristiques fondamentales du bail mobilité

1. Une durée modulable entre 1 et 10 mois

La durée du bail mobilité est librement fixée par les parties dans la fourchette légale. Elle peut être de 2 mois pour un stage de fin d'études, de 6 mois pour une mission temporaire, ou de 10 mois pour une formation professionnelle longue. Cette durée ne peut pas être dépassée par avenant, même d'un seul jour. Si la durée atteint 10 mois et que les parties souhaitent continuer, elles doivent impérativement signer un nouveau bail meublé classique.

2. L'interdiction absolue de dépôt de garantie

L'article 25-14 de la loi du 6 juillet 1989 interdit formellement tout dépôt de garantie dans le cadre d'un bail mobilité. Cette règle est d'ordre public : aucune clause contraire n'est possible, même avec l'accord du locataire. Toute somme versée à ce titre doit être immédiatement restituée majorée des intérêts légaux.

En contrepartie, le législateur a prévu que la Garantie Visale d'Action Logement constitue la protection naturelle du bailleur acceptant un bail mobilité. Cette garantie couvre les loyers impayés et les dégradations locatives sans coût pour le bailleur. Elle est cumulable avec une assurance loyers impayés classique.

3. La fin de plein droit sans reconduction

À l'échéance du bail mobilité, le contrat prend fin de plein droit, automatiquement et sans qu'il soit nécessaire de délivrer congé. Il n'y a aucune reconduction tacite possible. Si le locataire se maintient dans les lieux après l'échéance, il est en situation d'occupation sans droit ni titre, et le bailleur peut engager immédiatement une procédure d'expulsion en référé.

4. L'interdiction de renouvellement avec le même locataire

L'article 25-16 de la loi du 6 juillet 1989 interdit expressément de conclure un nouveau bail mobilité avec le même locataire pour le même logement. Cette règle vise à éviter que des bailleurs n'utilisent le bail mobilité en série pour contourner les protections des baux meublés classiques. En cas de poursuite de la location, le contrat doit impérativement prendre la forme d'un bail meublé classique d'un an.

Les clauses spécifiques au bail mobilité

La clause de justification de la situation de mobilité

La clause la plus importante d'un bail mobilité est celle qui identifie et justifie la situation de mobilité du locataire. Le contrat doit mentionner précisément le motif de mobilité déclaré (formation, stage, mutation, etc.) et le justificatif fourni (convention de stage, contrat d'apprentissage, lettre de mutation, etc.). Une fausse déclaration constitue un dol au sens civil qui entraîne la nullité du bail aux torts exclusifs du locataire.

La clause d'obligation d'information

Le locataire est tenu d'informer le bailleur par écrit dans les 8 jours de toute modification de sa situation de mobilité : fin anticipée du stage, rupture du contrat d'apprentissage, annulation de la mutation, etc. Le défaut d'information constitue une violation contractuelle pouvant déclencher la clause résolutoire.

La clause d'assurance renforcée

En l'absence de dépôt de garantie, la clause d'assurance prend une importance particulière dans le bail mobilité. Le locataire doit impérativement souscrire une assurance couvrant les risques locatifs et les dommages aux biens mobiliers du bailleur, et remettre l'attestation avant la remise des clés. Le délai de régularisation en cas de défaut d'assurance est réduit à 15 jours (contre 30 jours pour les autres baux meublés).

La clause de facturation directe des dégradations

En l'absence de dépôt de garantie, toute dégradation constatée à l'état des lieux de sortie donne lieu à une facturation directe au locataire, exigible immédiatement. Cette clause est fondamentale pour permettre au bailleur de récupérer le coût des réparations sans pouvoir s'imputer sur un dépôt. Elle s'accompagne idéalement d'une garantie Visale qui couvre ce risque.

Bail mobilité et encadrement des loyers

Le bail mobilité est soumis à l'encadrement des loyers dans les zones tendues, au même titre que les baux meublés classiques. Le loyer ne peut pas dépasser le loyer de référence majoré applicable à la commune. En cas de caractéristiques exceptionnelles du logement, un complément de loyer peut être appliqué, mais il doit être justifié et mentionné explicitement dans le contrat avec sa justification détaillée.

Particularité importante : aucune révision du loyer n'est possible pendant la durée d'un bail mobilité, compte tenu de sa durée limitée. L'indexation IRL ne s'applique donc pas.

Congé anticipé dans le bail mobilité

Le locataire peut mettre fin au bail mobilité avant son terme en respectant un préavis d'un mois, donné exclusivement par lettre recommandée avec accusé de réception ou acte de commissaire de justice. Il reste redevable du loyer jusqu'à l'expiration du préavis, sauf si le bailleur reloue le logement avant.

Le bailleur, lui, ne peut pas donner congé avant l'échéance du bail mobilité, sauf application de la clause résolutoire pour manquement du locataire à ses obligations. Conformément à l'article 25-16 de la loi du 6 juillet 1989, le bailleur est lié par la durée convenue et ne peut pas invoquer de motif de reprise pour habiter ou de vente pendant la durée du bail.

La Garantie Visale : le partenaire naturel du bail mobilité

La Garantie Visale est une caution accordée gratuitement par Action Logement, organisme paritaire géré par les partenaires sociaux. Elle est spécifiquement conçue pour accompagner le bail mobilité et pallier l'absence de dépôt de garantie.

La Visale couvre :

  • Les loyers impayés et charges pendant toute la durée du bail, dans la limite de 36 mensualités
  • Les dégradations locatives constatées à l'état des lieux de sortie, dans la limite de 2 mois de loyer
  • Les frais de remise en état du logement et du mobilier

Pour bénéficier de la Visale, le locataire doit en faire la demande sur le site visale.fr avant la signature du bail. Un numéro de visa est attribué et doit être mentionné dans le contrat de bail. La garantie est activée par le bailleur en cas d'impayé, sans procédure judiciaire préalable.

Comparatif : bail mobilité, bail étudiant et bail meublé classique

CritèreBail mobilitéBail étudiantBail meublé classique
Durée1 à 10 mois9 mois fixes1 an
Reconduction❌ Non❌ Non✅ Oui
Dépôt de garantie❌ Interdit✅ 2 mois max✅ 2 mois max
Public éligibleMobilité prof.ÉtudiantsTous
Justificatif requis✅ Obligatoire✅ Obligatoire❌ Non
Renouvellement possible❌ Non❌ Non✅ Oui
Révision loyer❌ Non❌ Non✅ Annuelle
Préavis locataire1 mois1 mois1 mois
Préavis bailleurFin de plein droitFin de plein droit3 mois

Questions fréquentes sur le bail mobilité

Quelles sont les personnes éligibles au bail mobilité ?

Le bail mobilité est réservé aux personnes en situation de mobilité justifiée par : une formation professionnelle, des études supérieures, un contrat d'apprentissage, un stage (convention de stage), un service civique, une mutation professionnelle, ou une mission temporaire dans le cadre de l'activité professionnelle. Le locataire doit fournir un justificatif de sa situation de mobilité lors de la signature du bail.

Peut-on signer un second bail mobilité avec le même locataire ?

Non. La loi ELAN interdit expressément de conclure un nouveau bail mobilité avec le même locataire pour le même logement. Cette interdiction est absolue et ne souffre aucune exception. Si les parties souhaitent poursuivre la location, elles doivent conclure un bail meublé classique d'un an.

Pourquoi il n'y a pas de dépôt de garantie dans le bail mobilité ?

C'est une disposition impérative de la loi ELAN (article 25-14 de la loi du 6 juillet 1989). Aucun dépôt de garantie ne peut être exigé dans le cadre d'un bail mobilité. Cette règle est d'ordre public : toute clause contraire est nulle. En contrepartie, le bailleur peut bénéficier de la Garantie Visale d'Action Logement pour se protéger contre les impayés et les dégradations.

Quelle est la durée minimale et maximale d'un bail mobilité ?

La durée d'un bail mobilité est comprise entre 1 mois minimum et 10 mois maximum. Elle est librement fixée par les parties dans ces limites. Le bail prend fin de plein droit à l'échéance, sans reconduction tacite possible. Un bail mobilité ne peut jamais dépasser 10 mois, même par avenant.

Le locataire peut-il sous-louer dans le cadre d'un bail mobilité ?

Non. L'article 25-17 de la loi du 6 juillet 1989 interdit expressément toute sous-location dans le cadre d'un bail mobilité. Cette interdiction est absolue et constitue un motif de résiliation immédiate du bail en cas de violation.

Comment se protéger sans dépôt de garantie dans un bail mobilité ?

La Garantie Visale d'Action Logement est le dispositif de protection recommandé pour les bailleurs acceptant un bail mobilité. Elle couvre les loyers impayés jusqu'à 36 mensualités et les dégradations locatives jusqu'à 2 mois de loyer. Elle est gratuite pour le bailleur et pour le locataire, et disponible pour tous les locataires éligibles au bail mobilité.

Que se passe-t-il si la situation de mobilité prend fin avant l'échéance du bail ?

Le locataire est tenu d'informer le bailleur par écrit dans les 8 jours de toute modification de sa situation de mobilité (fin de stage, rupture de contrat d'apprentissage, etc.). Le défaut d'information constitue un motif de résiliation du bail. Si la situation de mobilité prend fin, le locataire peut donner congé avec un préavis d'un mois par lettre recommandée.

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