1. Qu'est-ce que l'encadrement des loyers ?
L'encadrement des loyers est un dispositif légal qui limite le montant des loyers dans certaines zones où la demande de logements est particulièrement forte. Il a été instauré par la loi ALUR de 2014 puis prolongé et adapté dans le cadre de la loi ELAN de 2018.
En pratique, dans les communes concernées, le loyer d'un nouveau bail ou d'un renouvellement ne peut pas dépasser le loyer de référence majoré, sauf cas particulier de complément de loyer légalement justifié. Ce loyer de référence varie selon le type de logement, le nombre de pièces, la période de construction et la zone géographique précise.
Cette règle concerne directement la rédaction du contrat de location et plus particulièrement du montant du loyer indiqué dans le bail. Un mauvais calcul au départ peut entraîner un litige évitable.
💡 À savoir :L'encadrement des loyers concerne surtout les nouveaux baux et certains renouvellements. Il faut toujours vérifier le texte en vigueur au moment de la signature du bail.
2. Les villes concernées en 2026
En 2026, plusieurs territoires appliquent l'encadrement des loyers dans le cadre d'arrêtés préfectoraux ou de dispositifs locaux. Voici les principales zones souvent citées :
🗼 Paris (75)
Encadrement en vigueur depuis 2019. Les loyers de référence sont consultables via les outils officiels dédiés.
🏙️ Métropole du Grand Paris
Plusieurs communes sont concernées selon les arrêtés en vigueur. Il faut vérifier la commune et parfois le secteur précis.
🦁 Lyon et Villeurbanne
Encadrement en vigueur depuis 2021. Les références sont publiées via les outils de la Métropole de Lyon.
🌊 Bordeaux
Encadrement en vigueur sur la commune de Bordeaux selon les périodes et arrêtés applicables.
🎭 Montpellier
Encadrement mis en place sur le territoire concerné. Vérification locale indispensable avant signature du bail.
⛰️ Grenoble et agglomération
Certaines communes de l'agglomération sont concernées. Il faut vérifier la commune exacte et la zone retenue.
🌹 Toulouse
La situation peut évoluer. Il faut vérifier si le dispositif est effectivement entré en vigueur au moment de la signature du bail.
🌺 Autres communes
D'autres villes ou secteurs peuvent être concernés selon les expérimentations et arrêtés locaux en vigueur.
⚠️ Important :Cette liste peut évoluer. Vérifiez toujours le statut exact de votre commune, de votre quartier et la date d'entrée en vigueur du dispositif avant de fixer votre loyer.
3. Comment fonctionne le loyer de référence ?
Le loyer de référence est exprimé en euros par mètre carré de surface habitable. Il est fixé par arrêté et varie selon plusieurs critères cumulatifs :
- Le type de location : meublée ou nue
- Le nombre de pièces : studio, T1, T2, T3, T4 et plus
- La période de construction de l'immeuble
- La zone géographique ou le secteur au sein de la commune
Pour chaque combinaison de critères, il existe trois valeurs :
Loyer de référence minoré
Valeur basse de référence utilisée dans le dispositif légal
Loyer de référence
Loyer médian servant de base de calcul
Loyer de référence majoré
Plafond à ne pas dépasser hors complément de loyer justifié
Exemple : pour un logement meublé de 35 m² dans une zone encadrée, le loyer de référence applicable peut conduire à un plafond précis après multiplication par la surface habitable. Le calcul exact dépend toujours des références officielles de la zone concernée au moment de la signature.
En pratique, il faut aussi distinguer le loyer hors charges des charges récupérables. Le plafond d'encadrement vise le loyer principal et non l'ensemble loyer + charges présenté au locataire.
Ce montant hors charges doit figurer distinctement sur chaque quittance de loyer remise au locataire, afin de permettre le contrôle du respect du plafond d'encadrement.
4. Le complément de loyer
Si le logement présente des caractéristiques particulières qui ne sont pas déjà prises en compte dans le loyer de référence, le bailleur peut, dans certains cas, appliquer un complément de loyer. Mais ce complément reste strictement encadré.
- Il doit être mentionné clairement dans le bail avec une justification précise
- Il doit reposer sur des caractéristiques réellement distinctives du logement
- Il peut être contesté par le locataire dans les délais prévus par la loi
- Certains défauts du logement excluent ou fragilisent fortement la possibilité de demander un complément
Avant d'appliquer un complément de loyer, il faut donc être capable de défendre objectivement sa justification. Une simple impression de qualité ou un bon emplacement ne suffisent pas toujours.
5. Ce que vous devez mentionner dans le bail
Dans les zones soumises à l'encadrement, le bail doit comporter plusieurs mentions spécifiques :
- Le loyer de référence applicable à la date de signature
- Le loyer de référence majoré
- Le loyer de référence minoré
- Le montant et la justification du complément de loyer si applicable
- Le loyer du précédent locataire dans certains cas prévus par les textes
L'omission de ces mentions peut exposer le bailleur à une contestation du loyer et à une demande de mise en conformité. Notre formulaire de génération de bail prévoit ces champs pour les logements concernés.
Ces règles s'appliquent également lors du renouvellement du bail, où certains cas exigent de recalculer le loyer sur la base des références actualisées.
Pour un logement vide, cela concerne notamment le bail de location nue. Pour un logement équipé, cela peut concerner aussi le bail meublé ou le bail mobilité.
6. Sanctions en cas de dépassement
En cas de non-respect de l'encadrement des loyers, plusieurs conséquences sont possibles :
- Le locataire peut saisir la Commission départementale de conciliation
- Le juge peut ordonner la diminution du loyer et le remboursement des trop-perçus
- Des sanctions administratives peuvent être prononcées dans certains cas
- Le bailleur peut être contraint de mettre le bail en conformité
Le risque n'est donc pas seulement théorique. Il est important de vérifier le bon niveau de loyer avant la signature du bail, au même titre que le dépôt de garantie, les diagnostics ou l'état des lieux.
7. Le cas de Paris : fonctionnement spécifique
Paris est l'une des villes où le dispositif est le plus connu. Le territoire est découpé en secteurs, avec des loyers de référence différents selon l'adresse, le type de location, le nombre de pièces et l'époque de construction.
Pour un logement situé à Paris, il faut impérativement utiliser l'outil officiel ou les références administratives à jour afin d'obtenir les bonnes valeurs de loyer de référence.
C'est aussi l'un des cas où les locataires sont les plus attentifs aux mentions du bail. Une rédaction approximative ou un complément de loyer mal justifié peut être contesté rapidement.
8. Vérifier si votre logement est concerné
Voici comment vérifier rapidement si votre logement est soumis à l'encadrement :
Rendez-vous sur le site officiel de votre préfecture, de votre mairie ou sur l'outil local dédié à l'encadrement des loyers.
Vérifiez si votre commune ou votre secteur exact est concerné par un arrêté en vigueur.
Identifiez les caractéristiques de votre logement : meublé ou nu, nombre de pièces, époque de construction, adresse ou secteur.
Relevez les loyers de référence applicables et vérifiez si un complément de loyer peut être envisagé dans un cadre légal strict.
Avant de signer, il est utile de préparer en parallèle tous les autres éléments du dossier : montant du loyer hors charges, dépôt de garantie, type de bail, préavis applicable et documents annexes.
Bail conforme à l'encadrement des loyers
Notre formulaire intègre les champs dédiés aux loyers de référence obligatoires pour les logements concernés.