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Charges locatives récupérables : liste complète et règles 2026

Les charges récupérables sont les dépenses que le bailleur peut refacturer à son locataire en sus du loyer. Leur liste est fixée par décret et ne peut pas être étendue par contrat. Comprendre ce mécanisme est essentiel pour éviter les litiges et bien rédiger son contrat de location.

Sommaire

1. Qu'est-ce qu'une charge récupérable ?

2. La liste complète des charges récupérables

3. Provisions sur charges ou forfait ?

4. La régularisation annuelle des charges

5. Les charges strictement non récupérables

6. Cas particulier : bail meublé

7. Litige sur les charges : vos recours

8. FAQ charges locatives

1. Qu'est-ce qu'une charge récupérable ?

En droit immobilier français, les charges locatives récupérables (aussi appelées charges locatives ou charges de copropriété récupérables) sont les dépenses engagées par le bailleur qu'il est autorisé à refacturer au locataire. Elles sont régies par le décret n°87-713 du 26 août 1987, qui fixe une liste limitative et exhaustive.

Toute charge non prévue par ce décret reste à la charge exclusive du bailleur, quels que soient les termes du bail. Une clause contractuelle qui tenterait de faire payer au locataire des charges non récupérables serait réputée non écrite.

💡 À retenir : la liste des charges récupérables est exhaustive. Le bailleur ne peut pas ajouter de nouvelles catégories par contrat. En cas de doute, le locataire peut toujours demander les justificatifs correspondants.

2. La liste complète des charges récupérables

Voici les principales catégories de charges que le bailleur est en droit de récupérer, selon le décret de 1987 :

Poste de chargeDétailRécupérable ?
Eau froide, eau chaude et chauffage collectifConsommations et entretien des équipements collectifsOui
Ascenseur et monte-chargeÉlectricité, entretien, petites réparationsOui
Parties communes intérieuresÉlectricité, produits entretien, vide-orduresOui
Espaces extérieursEntretien des jardins, aires de jeux, parkingsOui
Personnel d'entretienSalaire du gardien (à 75 % si loge sur place)Oui (partiel)
Taxe d'enlèvement des ordures ménagères (TEOM)Taxe incluse dans la taxe foncièreOui
Ramonage et entretien des cheminéesSi logement individuelOui
Gros travaux de structure et toitureRavalement, réfection toitureNon
Remplacement chaudière ou ascenseurInvestissement et renouvellementNon
Honoraires de syndic de copropriétéFrais de gestion administrativeNon (partiel)
Taxe foncièreImpôt propriétaireNon

Les charges d'eau froide et chaude, d'ascenseur et d'entretien des parties communes représentent généralement l'essentiel des charges récupérables dans un immeuble en copropriété. En maison individuelle, les charges sont souvent plus limitées (eau, ordures ménagères).

Le cas du gardien ou concierge

Lorsque le gardien loge dans l'immeuble et assure à la fois le ménage des parties communes et la représentation du bailleur, 75 % de son salaire et charges sociales peuvent être récupérés sur le locataire. Si le gardien ne loge pas sur place, ce taux tombe à 40 %. Ces règles sont précisément encadrées par le décret.

3. Provisions sur charges ou forfait ?

Il existe deux modes de facturation des charges locatives selon le type de bail :

⚠️ Important : pour un bail nu, le système de provisions avec régularisation est obligatoire. Le bailleur ne peut pas imposer un forfait de charges dans un bail vide. Toute clause contraire serait réputée non écrite.

Quelle que soit la méthode retenue, le bailleur doit remettre une quittance de loyer mentionnant distinctement le loyer et les provisions sur charges, dès que le locataire en fait la demande.

4. La régularisation annuelle des charges

Pour les baux nus, la régularisation annuelleest une obligation légale. Elle consiste à comparer les provisions versées par le locataire avec les dépenses réelles de l'année.

Comment se déroule la régularisation ?

  • Le bailleur transmet au locataire un décompte détaillé des charges (relevés, factures, décompte du syndic).
  • Si les charges réelles dépassent les provisions, le locataire paye la différence dans un délai raisonnable.
  • Si les provisions sont supérieures aux charges réelles, le bailleur rembourse le trop-perçu ou le déduit des prochaines provisions.
  • Un mois avant la régularisation, le bailleur doit mettre les justificatifs à la disposition du locataire pendant 6 mois.

La régularisation peut être réalisée à tout moment de l'année, mais elle doit intervenir au moins une fois par an. Le bailleur dispose d'un délai de 3 ans pour réclamer des charges supplémentaires. Au-delà, la prescription éteint la créance.

En fin de bail, si des charges restent dues par le locataire, le bailleur peut les retenir sur le dépôt de garantie dans les conditions légales, à condition de fournir les justificatifs correspondants.

💡 Conseil pratique : conservez tous les justificatifs de charges (factures EDF, eau, syndic) pendant au moins 3 ans pour répondre à toute demande de vérification du locataire.

5. Les charges strictement non récupérables

Certaines dépenses sont toujours à la charge du bailleur, quelles que soient les clauses du bail :

  • Les gros travaux (ravalement de façade, toiture, réfection de structure)
  • Le remplacement d'équipements collectifs (chaudière, ascenseur)
  • La taxe foncière (impôt propriétaire)
  • Les honoraires de syndic liés à la gestion administrative
  • Les assurances du bailleur (PNO, assurance immeuble)
  • Les frais d'agence pour trouver un locataire
  • Les travaux de mise aux normes obligatoires

Un bailleur ne peut pas non plus refacturer la partie de la taxe foncière correspondant à la taxe d'enlèvement des ordures ménagères (TEOM) etfacturer séparément une charge d'ordures ménagères — il s'agirait d'une double facturation prohibée.

Les charges récupérables s'ajoutent au loyer hors charges, qui peut lui-même être révisé chaque année selon l' indice de référence des loyers (IRL) si une clause de révision est prévue au bail.

6. Cas particulier : bail meublé

Pour un bail meublé, les parties ont le choix entre provisions avec régularisation et forfait mensuel. Dans les faits, la majorité des baux meublés fonctionnent au forfait, ce qui simplifie la gestion mais transfère le risque de sous-estimation au bailleur.

Si le forfait est choisi, il doit être raisonnable et proportionné aux charges réelles. Une jurisprudence constante considère qu'un forfait manifestement disproportionné peut être contesté par le locataire devant le tribunal. Pour aller plus loin, consultez notre comparatif bail meublé vs bail vide.

Charges spécifiques à la location meublée

En meublé, certaines dépenses comme l'abonnement Internet ou la fourniture de linge peuvent être incluses dans un forfait si elles sont prévues dans le bail. Ces charges ne figurent pas dans le décret de 1987 (qui vise la location nue) mais peuvent être librement stipulées en meublé.

7. Litige sur les charges : vos recours

En cas de désaccord entre bailleur et locataire sur les charges, plusieurs voies sont possibles :

Bail avec clauses de charges conformes

Provisions ou forfait : notre générateur adapte les clauses au type de bail choisi.

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8. FAQ charges locatives

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